En quelques phrases …

France
Temps froid et pluvieux. On passe les journées dans nos imperméables. Campagnes brumeuses dans un premier temps, massif central dans un second. Pause systématique vers 13h : pain, fromage et sauciflard. Petit café obligatoire lors des pauses midi, histoire de se réchauffer en mangeant notre pic-nic au chaud. Les journées sont courtes et les coups de pédales sont donc intenses. Quand 16h arrive, il est temps de se mettre à la quête d’un hôte. Nous abordons les gens dans la rue et sonnons aux portes. On peut trouver immédiatement comme chercher pendant deux heures. Dans le second cas, il en faut de l’énergie pour garder le sourire ! Nous finissons toujours par trouver quelqu’un d’extra. Et là, on est récompensé de l’effort : douche chaude, bon repas chaud, verre de vin et lit douillet. Le matin, petit dèj plus que complet et parfois quelques douceurs glissées dans nos sacs. Photo de famille, « Au revoir. A la prochaine ! Merci pour tout », et c’est reparti vers le sud.

Quelques éléments marquants : i) nous trouvons chaque soir quelqu’un d’extraordinaire pour nous héberger, ii) on a souffert dans les cols, iii) temps froid et pluvieux.

Espagne
L’Espagne nous apporte le soleil mais pas encore la chaleur. Changement de pays, changement de langue : c’est l’occasion de pratiquer notre espagnol pour trouver un hôte et converser une fois au chaud. Nous commençons par le littoral méditeranéen dont le paysage ne nous émeut pas particulièrement. Le déroulement des journées reste similaire mais les routes sont bien moins agréables, nous sommes sur des nationales semblables à des autoroutes. Autre changement, nous trouvons des agglomérations plus grosses qu’en France. Cela combiné à notre espagnol approximatif ne facilite pas la tâche de trouver un hébergement. Les paysages montagneux deviennent impressionnant lorsque nous entrons dans les terres, après Valence. Les kms parcourus en Fance ont été plus élevés qu’anticipé. Comptant une moyenne de 100km par jour, cela nous met en retard pour le rendez-vous avec les familles dans le sud du Maroc. Préférant zapper une partie de l’Espagne que du Maroc, nous prenons un bus d’Alabecete à Algeciras, avec une pause à Séville où nous passons la nuit en mode clodo.

Quelques éléments marquants : i) nous parvenons à faire la causette en espagnol, ii) la rencontre de Titi, professeur de philosophie, qui s’occupe de nous comme une mère après que nous ayons cherché l’hébergement durant 2h, iii) une présence importante d’africains dans des conditions précaires pour le travail saisonnier dans le sud du pays.

Maroc
Débarquemet à Tanger Med avec le ferry. L’ambiance africaine pointe son nez avec les échoppes au pignon sur rue et les étalages de légumes. Gros changement de culture : la première personne qu’on aborde nous accepte et s’occupe de nous à merveille. Nous rencontrons des gens qui n’ont rien et qui nous donnent tout. Le fait que Mélik parle arabe nous aide beaucoup. Le bémol est que l’échange est pour moi beaucoup plus limité, puisque tout se discute dans cette langue. Mélik fait le traducteur pour une partie des propos. Les marocains connaissent la bonne cuisine ! Nous mangeons des plats succulents, et toujours en abondance. Aussi, l’huile d’olive nous étant servie matin, midi et soir, nous en aurons avalé quelques litres… Nous découvrons le phénomène social autour du thé. Proposer le thé est la manière d’inviter quelqu’un à venir discuter un moment. Nous avons 20 jours pour arriver à Dakhla. Du coup, les étapes sont de minimum 100km. Vent de dos, nous ferons jusqu’à 175km. Notre parcours longeant la côte jusqu’au sud du pays, nous rencontrons beaucoup de pêcheurs. Cela nous permet d’appréhender leur métier et leurs difficultés. Au fil de nos rencontres, nous tentons d’appréhender le conflit politique lié au Sahara Occidental. Nous recueillons des points de vue variés. Les paysages sont variés : campagnes, montagnes, puis désert. La plus belle section est l’étape de montagne entre Essaouira et Agadir. Une tempête de sable marque notre arrivée dans le désert, où nous logeons dans des stations, campements de gardien d’antennes ou villes vides. La traversée de ces étendues de sable à des allures de course contre la montre pour arriver au rendez-vous fixé avec les familles. On se relaye sans cesse à la position de tête pour maintenir la cadence.

Quelques éléments marquants : i) l’abandon d’une nationale au profit d’une autoroute en a plongé la population dans la pauvreté, ii) les coniditions de vie des pêcheurs dans les villages de pêches aux allures de bidonvilles, iii) la découverte du conflit politique lié au Sahara occidental.

Mauritanie
Nouvelle équipe, nouveau rythme. Yvan nous a rejoint mais souffre de douleurs au genou. La cadence est donc réduite et les étapes plus courtes. J’ai de gros doutes qu’il puisse poursuivre l’aventure avec nous. Nous y trouvons un désert merveilleux et au paysage beaucoup plus varié qu’au Maroc. La partie au nord de Nouakchott est très aride. Nous sommes surpris par l’abondance de petits campements. Le thé (de chine !) est aussi culturel. Trois thés sont préparés successivement, de sorte à laisser un temps suffisant pour la discussion. Avant Nouakchott, nous avons du mal à nous intégrer le temps d’une soirée et nous ne parvenons du coup pas à cerner la culture. Est-ce parce que nous sommes trois et que du coup nous donnons une image de groupe ? ou la culture mauritanienne serait-elle plus distante ? On nous raconte aussi que la tradition veut qu’un étranger soit accueilli jusqu’à trois jours sans questionnement. La Mauritanie c’est aussi l’arrivée des « cadeaux, cadeaux » intempestifs. De la part des enfants mais aussi des femmes. On nous demande nos vêtements, nos vélos, nos sacoches, notre nourriture,… A tel point que nous en venons à fuir les gens lors de nos pauses. C’est dommage. Nous découvrons l’existence du Parc National du Banc d’Arguin (un lieu magnifique pour un séjour nature d’une semaine en Mauritanie) mais ne prenons pas le temps de nous y aventurer. Au sud de la capitale, la population est moins pauvre. Culinairement, c’est autre chose ! Nous découvrons la viande et le lait de chameau (plus précisément de dromadaire). Repas du nouvel an : sandwish au chameau dans une station service au milieu du désert.

Quelques éléments marquants : i) nous assistons à un mariage traditionnel, ii) promenade au clair de lune où nous découvrons une vie nocturne insoupsonnée, iii) les dunes et le désert sont magnifiques.

Sénégal
Passage de frontière délicat : sous les yeux du personnel officiel, une bande bien organisée tente de nous escroquer notre argent en nous guidant fictivement dans les procédures. Nous limitons les frais mais payons quand même dix fois le prix de la traversée du fleuve Sénégal, qui fait frontière entre Rosso Mauritanie et Rosso Sénégal. Métamorphose de la végétation. Le temps est très chaud, le thermomètre affichera jusqu’à 54°C au soleil. Nous trouvons sur notre chemin un paysage très monotone : de la savane, de la savane et encore de la savane. Changement de culture : la vie des villages est beaucoup plus dynamique. Début des soirées où nous n’avons pas de langue commune. Les instruments de musique et les jeux nous aident à briser la glace et à entreprendre les interactions. Nous apprenons les rudiments de poular et de wolof. Saluer et remercier dans la langue locale change énormément les interactions. Le parcours est rythmé par les rencontres de partenaires du CNCD-11.11.11 à Guédé et Koussanar. Nous y rencontrons de nombreux agriculteurs, dont une bonne partie est engagée dans le développement de structure favorisant l’agriculture biologique, motivés par la recherche de meilleures conditions de vie. Durant ces rencontres, nous varions les transports : pirogue, moto, calèche et taxi brousse (dans lequel il faut tantôt éviter les branches épineuses comme dans un jeu vidéo et tantôt se glisser entre les chèvres). Le phénomène « cadeaux, cadeaux ! » ne s’estompe pas.

Quelques éléments marquants : i) demander l’hébergement sans connaitre un mot de la langue ce pays ii) la chaleur iii) arrivée des petits habitants chez Yvan.

Guinée Conakry
Des paysages magnifiques dans des centaines de kilomètres de pistes difficiles à franchir, des montagnes décorées de grandes forêts. Qui dit piste dit poussière, on en bouffe à chaque véhicule qui passe. Pour compenser, on a l’occasion de se laver dans des marigots, abondants dans ce pays. La traversée a de plus été rendue difficile par les maladies : tournée générale de malaria et de petits vers. Deux gamelles pour Quentin, mais les blessures sont légères. Nous découvrons un peuple très accueillant bien que très pauvre. Il n’est pas question ici de monocultures ou d’exploitation intensive de phytosanitaires, chaque famille s’occupe de la terre familiale. La nature semble du coup être restée sauvage, ce qui la rend à nos yeux beaucoup plus belle. Ici, fini (temporairement) les « cadeaux, cadeaux ! »; on nous appelle « photo! ». Aux postes de contrôle, on nous demande souvent « Qu’est-ce que vous nous avez apporté? ». Mais une fois qu’on raconte notre aventure, ils laissent tomber. Nos soirées sont marquées par les chants et danses avec les villageois. Nous passons des soirées extraordinaires, riches en émotions.

Quelques éléments marquants : i) mariage traditionnel où nous avons le cri de la foule après notre danse, ii) Le premier enfant qu’on croise nous crie « TOURISTE », iii) extinction d’une case en feu, on joue les pompiers, iv) concours de miss Macenta

Côte d’Yvoire
Les esprits sont marqués par la guerre qui ne s’est vraiment finie que depuis peu. Il y a une importante présence militaire de l’ONU. C’est aussi le retour des « cadeaux! » qui ne nous avaient pas manqué. La nature est complètement façonnée par les monocultures (café, cacao, tec, palmiers,…) et les grandes forêts sont victimes d’un déboisement intensif, tout cela majoritairement à destination de la France. Les paysages ne sont du coup pas agréables et nous filons donc direction la capitale pour un break européen d’une journée. Nous découvrons une importante présence burkinabée, sommes souvent accueillis avec un verre d’alcool, nous nous faisons offrir des coqs et goutons le serpent. L’accueil à l’africaine reste au rendez-vous, heureusement car les étapes deviennent un peu de l’ordre de la corvée, plus que de la promenade. Notre passage dans le pays est marqué par un reportage sur la chaine télévisée nationale RTI2 (dans Buzz de sport). Avant de quitter le pays, nous débarquons dans un paysage paradisiaque à Assinie : plage de sable, mer bleue aux vagues puissantes et cocotiers. Nous roulons sur le sable par marée basse pour aller au Ghana.

Quelques éléments marquants : i) nous passons une soirée désagréable en mode c’est normal que ce soient les blancs qui payent tout, ii) Quentin fait une journée de navette pour récupérer son cahier de notes oublié chez notre hôte précédant, iii) la présence militaire de l’ONU

Ghana
Entrée dans le pays par la plage. Nous sommes restés une journée bloqués dans un décors de rêve, le temps qu’Yvan se mette en règle de visa. L’équipe au poste de contrôle de l’immigration est simplement extraordinaire. Les rencontres qui suivront le seront moins. Est-ce nous qui sommes fatigués de notre démarche et avons besoin d’un break ? le fait que la zone traversée est plus riche car côtière ? la culture anglo-saxone qui nous est moins familière ? Peut-être une combinaison de tout cela. De plus, il n’y a pas un village où nous ne tombons pas sur un mec qui a bu à l’excès. L’akpatetshi, alcool fait à partir de vapeur de vin de palme, fait des dégats. Longeant la côte durant tout le parcours ghanéen, nous faisons de nombreux arrêts plage où nous nous amusons comme des gamins dans les vagues, tellement puissantes qu’elles nous retournent comme de simple galets. Bien qu’on trouve une nature plus sauvage, l’état des routes ne nous permet pas d’en profiter : grosse route en travaux avec partie de piste, trafic important ou carrément autoroutes. Sortie du pays en beauté, entre la lagune du Volta et l’océan.

Quelques éléments marquants : i) nuit dans un lieu d’exception : le château l’Elmina, bâtiment majestueux mais lourd de tristes souvenirs de la colonisation comme e témoignent les donjons réservés aux esclaves, ii) côte magnifique, iii) pas un village sans rencontrer de hommes complètement bourrés

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